Studio Hans Lucas


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Polyvios Anémoyannis.
Bathing



Depuis l’antiquité, les Grecs entretiennent une relation très particulière avec la mer. La mer a alimenté tous les contes d’enfance, tous les rêves d’ailleurs. Elle a tissé l’Histoire de ce peuple, depuis Homère et à travers les siècles. La mer et la Grèce sont indissociables et non seulement pour les marins. Les eaux des mers Egée, Ionienne, Crétoise avec les milliers d’îles sont pour les Grecs comme le fleuve Gange pour les Hindous. Lors de mes derniers voyages à mon pays, j’ai réalisé cette série sur les corps de baigneurs de tout âge et corpulence pour montrer ce lien entre l’eau et ce peuple.




Chau-Cuong Lê.
Standing on the beach, staring at the sea



Je pense qu’on peut passer son adolescence dans la douceur. La vie passe. On l’attend. Une attente empreinte de poésie accidentelle, de sensualité oisive. Je n’ai pas forcément cherché une vérité, ce n’est ni reportage ni un documentaire, mais plus un travail d’auteur : ma vision de la jeunesse (idéalisée, personnelle) pour tendre vers un ressenti universel, et rappeler nos propres histoires adolescentes. Je suis sensible à l’univers de réalisateurs de cinéma comme Gus Van Sant ou Hal Hartley. J’ai voulu aller vers ces directions : gratter avec poésie le vernis des façades et révéler une certaine rugosité des sentiments et des rapports humains. Laissant l’étrangeté surgir si elle est là, en contre point.




Quentin de Groeve.
Apprentis



Février 2019.
Section occitane de la CCI Sud Formation à Carcassonne et à Montauban.
Qu’ils veuillent travailler dans la cuisine, la restauration, ou le commerce, j’ai eu accès au même sérieux et à la même insouciance dû à leurs jeunes années. Certains avec qui j’ai pu converser m’ont dit qu’ils avaient préféré quitter le système scolaire dans lequel ils ne se retrouvaient pas pour chercher leur voie dans cet établissement. La plupart m’ont fait part de leur optimisme en leur avenir, s’estimant bien encadré par le service compétent et jouissant d’une agréable vie sociale avec leurs camarades, se sentant comme dans une famille. J’ai alors pu me retrouver un peu en eux, ayant été longtemps indécis avant de connaître ma voie.
Dans ce travail, je vous montre leurs moments tant personnels que professionnels qui associés à leur état d’esprit motivé resteront comme des souvenirs de leur jeunesse estudiantine. Je tiens à remercier les apprentis et le personnel pour leur confiance ainsi que pour leur sympathie.



Anne Hollande.
Une intime passion partagée



Mars 2016 à la Havane, printemps historique : première visite d’un président américain depuis 88 ans… Nous sommes des habitués, nous venons ici depuis notre base de Washington DC sans visa de journaliste. Cette fois-ci nous avons une accréditation pour la visite officielle du Président Obama, et des portes s’ouvrent, celles notamment de l’Ecole du Ballet National de Cuba.
L’espace d’un trop court instant, un monde s’offre à nous.
Ces enfants-là ont conscience du contexte et en sont si fiers.
C’est un moment de grâce… la vraie liberté se vit-elle de l’intérieur ?



Raphael Kessler.
Le mouvement des corps



Travail sur l’instant présent comme miroir d’une époque et d’une traversée artistique permanente entre le physique et l’émotionnel.
J’ai cherché à témoigner des errements constants mais aussi des rapprochements épistolaires qui rassemblent et délient nos relations aux autres ainsi qu’à nous-mêmes.
Ayant passé des années à travailler l’art de la scène et le corps, les émotions qui s’expriment ont aussi une forte présence dans mon travail.
Ceux-ci me permettent de transmettre à travers la photographie l’importance de la communication dans notre appréhension du monde.



Antoine Martin.
Art goes west



Maintenant, il y a Allapattah. Avant, si l’on entendait parler d’art et de Miami, c’est le nom “Wynwood” qui s’imposait en premier. Ce quartier ouvrier aux populations afro-américaines, haïtiennes ou encore cubaines qui enregistrait dans les années 70 le plus haut taux de chômage et de criminalité de Floride est devenu aujourd’hui le fleuron de l’art de rue. Depuis que le promoteur Tony Goldman y a investi dans les années 2000, un autre nom résonne et le quartier des artistes-graffeurs renait, avec un challenge, celui d’y être accueilli.



Sandrine Mulas.
État second




« La transe est vue aujourd’hui comme un état modifié de la conscience. »
Pourquoi chercher cet état ?
La transe a été de tous temps une pratique religieuse.
Cet état est pourtant possible pour chacun d’entre nous.
Cependant, elle reste le plus souvent la prérogative des initiés, peut-être parce que, sans préparation, on risque fort d’y rester…

Mais la transe fascine, enivre, nous rapproche de nos idéaux impossible dans l’état de conscience : Retrouver un être cher disparu, se rapprocher d’un dieu, trouver une forme d’apaisement en soi…
Se confronter à son autre « Je » pour mieux embrasser l’autre.
La transe devenant une porte vers l’extase, lorsqu’elle n’est pas maitrisée, provoque parfois des drames : Fanatisme, attentats, suicides…
Voici une série photo réalisée lors d’un travail de recherche de l’état de transe, dans un environnement sécurisé, encadré par des personnes initiées.

Je n’étais que spectatrice de cette expérience, qui a demandé 1 semaine de préparation.
J’ai photographié, j’en suis sortie bouleversée.
Maintenant, je sais.



Karine Péron Le Ouay.
Variations autour d’un rayon de soleil



Durant le confinement au printemps 2020 est apparu sur mon canapé cet éphémère et discret rayon de soleil, comme un lien entre la vie enfermée et la vie extérieure. Ce rayon lumineux a représenté un échappatoire, une opportunité d’exprimer mes rêves de liberté, désirs d’évasion ou de vie sociale.
Toutes ces activités quotidiennes jusque là ordinaires, devenues rares en cette période de privation, ont inspiré cette mise en lumière sous forme d’autoportraits. La prise de vue dépendait de la météo et lorsque le soleil était présent, je n’avais qu’une heure pour réaliser mes clichés. Ce projet a occupé ma période de confinement jusqu’à ce que le rayon de soleil disparaisse de mon canapé.


Gabrielle Vigier.
F.




Le projet * a commencé avec toi.
Je me souviens t’avoir proposé de faire quelque chose ensemble.
Tu étais sensible à la matière. J’étais sensible au corps.
Nous partagions des intérêts similaires et je sentais qu’il pouvait en ressortir une certaine intimité dans lequel nos deux sensibilités pouvaient se libérer.
Après plusieurs recherches et longs échanges, tu t’es proposée de poser pour moi.
Tester sur toi, m’avais-tu dis pour amorcer le travail.
Cette proposition m’apparut comme une révélation.
Nous réfléchissions sur le projet et tu te plaçais au mieux pour le comprendre.
Au commencement, nous ne le savions pas.
Au fur et à mesure, tu devenais la matière de notre sujet de travail.
Nous parlions de la direction mais sans jamais en définir les contours.
Nous avions chacune nos raisons. Par pudeur, ou parce que nous les devinions et percevions chacune chez l’autre, nous n’en parlions pas.
Notre intuition nous guidait.
Tu habitais à Nice, j’étais à Paris.
Nous organisions des prises de vues quand cela était possible de se voir.
Nous n’étions pas limitées par le temps. Le temps même en devenait une caractéristique évidente.
F. est brut, poreux et proche. F. est nue, traces et empruntes. C’est une enveloppe sensorielle et irrégulière.
Maintenant cela ne me parait plus trouble, dorénavant je crois comprendre.
Inconsciemment, nous montrons ce que nous sommes en train de chercher et d’affirmer. Une partie de nous-même.
F. est présent, est posé. Il est mouvant et s’affirme. C’est un corps, une femme.
Elle s’appelle Florence et incarne sans doute ce que j’aspire moi-même à devenir.
Libre.
*Commencement du projet en 2015. Dernières prises de vues réalisées en 2018. Prolongement du travail en 2019.