L’Espace



︎






Carole Bellaïche.
Les danseurs du Balajo



Mars 2020.
Je ne peux plus aller au Balajo photographier mes nouveaux amis, mes nouveaux modèles qui dansent, et faire leur portrait. Depuis ce fameux mois de mars de l’année 2020, le Balajo est fermé, et je ne sais pas quand il va ré-ouvrir. Pas tout de suite, certainement dans longtemps. Je ne sais pas, on ne sait plus rien.
Je ne sais pas non plus ce que sont devenus tous mes personnages. Eux non plus, ne peuvent plus aller danser, se rencontrer, se séduire, et passer du temps ensemble.
Quand je suis entrée au Balajo la première fois depuis bien longtemps, c’était en Octobre 2018, un lundi après midi, j’ai ressenti une envie pressante de photographier, tout était là, l’ambiance, cette musique, les visages marqués de ces personnages, leur beauté, leur excentricité, ce côté déjà très cinématographique, qui m’a complètement envoutée. J’ai essayé de m’approcher petit à petit, jour après jour de ces personnages qui étaient là “pour de vrai”. Je suis en quelque sorte devenue la photographe du Balajo. Ils m’attendaient parfois pour la photo souvenir, la nouvelle robe, le collier, le nouvel ami, tout devenait un prétexte. Je suis depuis toujours très sensible et très inspirée par le cinéma. Là, je me suis retrouvée dans un univers de fiction, comme si j’étais transportée dans le temps, J’ai eu l’impression immédiate d’être dans un endroit singulier, avec des gens singuliers aussi, où une certaine vie, inconnue de moi s’y passait. J’ai photographié ce que je voyais, j’ai provoqué des poses, des images, j’étais attendue. J’ai fait un travail photographique avec eux. Il existe partout, parait-il, des endroits où des hommes et des femmes se retrouvent pour danser. C’est ça, Les danseurs du Balajo.
C’est cette mémoire que je veux garder.



Maud Delaflotte.
Dans l’intimité du Hijab



Alors que la “question” du voile fait régulièrement la une de l’actualité en France, les pratiques intimes des jeunes femmes qui le portent restent peu documentées. J’ai choisi de traiter de ce sujet hautement sensible à travers une démarche originale qui croise à la fois le regard du photographe, du chercheur et de “la femme qui se présente et se représente” (Bourdieu, 1979). C’est à travers une collaboration avec Virginie Silhouette-Dercourt, chercheuse en sociologie de la consommation que j’ai réalisé cette série pour donner à voir l’intimité, le rapport au corps et à la beauté de ces jeunes femmes, contenus dans les histoires photographiées. Ensemble, nous avons abordé des femmes sur les marchés en Seine-Saint-Denis et au forum des Halles à Paris. Au bout de douze mois, nous avons réussi à produire 10 portraits. Le contraste entre les deux moments – celui de l’entretien et celui de la prise de vue – a été pour moi saisissant... Ainsi ce que je propose vise à saisir ces jeux de miroirs entre l’intime et le performatif et à interroger le “spectator” (Barthes, 1980) sur sa propre intimité et son regard sur ces questions. Mon travail de photographe se fait en lien avec les histoires de vie, développant une nouvelle forme d’écriture visuelle.



Nadia Ferroukhi.
Au nom de la Mère - Le matriarcat



Dans nos sociétés modernes l’égalité des sexes est loin d’être acquise. L’image de la femme reste encore trop souvent celle du “Sexe faible”. Mais ailleurs, dans le monde, il en va autrement. Pendant 10 ans, je suis allée à la rencontre de 10 communautés de femmes qui structurent la vie économique et sociale tout en assurant la transmission de la lignée, du nom, du patrimoine et de la culture. Elles constituent des micro-sociétés matriarcales. Les gens pensent souvent, à tort, que le matriarcat est un système dans lequel la femme domine, donc qu’elle aurait le pouvoir absolu, en haut de la pyramide à l’image des sociétés patriarcales, il n’en est rien. Au centre, elle est considérée comme l’égale des hommes.



Elodie Guignard.
Chez Nénette



Une histoire de carnets de 1974.
Une histoire de rencontres et de retrouvailles.
Une histoire d’amour, sur différents continents.
Une histoire d’une mère et d’une fille.
Une histoire d’une autre mère et d’une autre fille.
Une histoire d’une autre mère et d’une autre fille et d’un garçon.
Une histoire de familles, de maison, de souvenirs, de rêves et de musique.



Marie Mons.
I’ll be your mirror



J’envisage l’autoportrait comme une échappatoire qui permet de poser sur soi son propre regard distancié et ainsi de se libérer de celui des autres.
En explorant des territoires vierges, j’offre quelque chose d’autre à percevoir, ainsi j’affirme le droit à la différence. En m’inspirant des contes et légendes, de ma vie personnelle et de mes fantasmes, j’ai mis en scène l’eau et le sacré comme un moyen de revenir à la source de l’identité.
Hors du temps, c’est une genèse que l’on découvre au fil de l’eau, son reflet comme miroir de soi-même au travers de l’autre. Seul le déclencheur souple me raccroche à l’appareil autant qu’à la réalité ordinaire, me mettant dans la position de créatrice d’un monde où la différence devient la norme.

Marie Mons
contact vente
www.mariemons.fr

Série crée lors des rencontres de la jeune photographie internationale CACP Villa Pérochon, France