Le zoom d’octobre 2023 avec Cléo-Nikita Thomasson

L’Entretien,

Hommage aux plages par Christine Delory-Momberger et Valentin Bardawil

Christine Delory-Momberger : Tu aimes partir l’été en voiture, une caisse de livres dans ton coffre, ton appareil photo à portée de main et tu fais des arrêts à certains moments pour photographier et faire des rencontres. Parles-nous de cet équipage et comment tu organises tout cela?

Cléo-Nikita Thomasson : Je pars avec mes essentiels, mais le plus important, ce sont les livres que je vais prendre avec moi dans une caisse à vin que je mets dans le coffre de la voiture avec laquelle je vais circuler, les deux derniers étés c’était avec la 206 de mon compagnon. Dans cette caisse, je peux faire rentrer entre vingt et trente-cinq livres. Et à partir de là, je fais des arrêts pour lire, dans des forêts, au bord des rivières. L’origine de cette pratique vient de mes parents, c’était une des choses les plus importantes qu’on emmenait en vacances quand j’étais enfant lorsqu’on partait en Grèce camper sur des plages sauvages. On était cinq avec mes parents, ils emmenaient une cantine en fer pleine de livres, comme les livres étaient mélangés, très vite j’ai commencé à lire aussi les livres de mes parents, principalement d’ailleurs ceux de mes parents. Et dans ma caisse à livres aujourd’hui, mes livres sont en commun avec ceux de mon compagnon. On les prend, on les repose. C’est comme avoir une mini bibliothèque, c’est un peu ma maison que j’amène. Il y a des gens qui amènent leurs oreillers en camping, moi j’amène mes livres dans notre 206. Et sur le chemin, je m’arrête à la recherche de boites à livres dans les plus petits villages et les endroits de France les plus reculés. Et comme j’ai du mal à lâcher mes livres, j’y dépose ceux qui me sont le moins nécessaire. Récemment, j’ai pris un livre assez connu et que je viens de finir, il s’appelle Papillon de Henri Charrière, une sorte de Jack London, un soir je me suis endormie sur une page que j’ai cornée et justement cette page là avait déjà été cornée par un lecteur précédent, à l’endroit même où je l’avais fait et j’ai trouvé cela incroyable. Je l’ai noté dans ma liste des choses que j’adore. Les boites à livres amènent  ces rencontres avec des gens qu’on ne connaît pas, à un moment précis du livre et d’un livre qui fait plus de 500 pages…

CDM : …C’est rencontrer la trace de l’autre ! Tu nous racontais que pendant ces vacances en Grèce où tu te retrouvais sur des plages sauvages sans autre distraction que la nature et la lecture, tu faisais des fiches de lecture, ce qui t’a d’ailleurs inspirée pour tes carnets que tu tiens aujourd’hui et dont on va parler, mais sur ces plages il y avait aussi un certain ennui.

CNT : Un bon ennui… Vu que mon père était intermittent du spectacle et ma mère maître d’armes dans les écoles, on avait deux mois de vacances et on partait un mois. On savait qu’on avait un énorme temps libre. On plantait nos tentes dans une pinède ou sur une plage, ma mère pêchait le poisson au harpon et on se déplaçait très peu dans les villages, on restait dans la crique. La crique est pour moi une seconde maison alors que cela ne m’appartient pas et que c’est de la roche. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre le temps, j’ai commencé à écouter, regarder, les journées étaient longues, on se levait à 7 h du matin avec les cigales, on se couchait avec le soleil. On était tous mélangés et il n’y avait pas de hiérarchie, les enfants étaient des personnes à part entière. À 7 h du matin, tout le monde se réveillait et on allait sous un olivier pour avoir de l’ombre pour se mettre à discuter de ce que l’on était en train de lire. On me parlait de Jean-Paul Sartre, j’avais douze ans. On faisait cela de 7 h à 11 h. On appelait cette pratique des cafés philo. C’était une liberté totale. L’ennui est un mot très positif pour moi. J’étais totalement libre…

CDM : C’est une entrée dans un déploiement et un étirement du temps…

CNT : Dans l’émerveillement aussi. Maintenant je me sens le droit, comme lorsque j’étais petite, de m’arrêter sur quelque chose, de le regarder, c’est pour cela que j’aime photographier des roches, le soleil, des oliviers, des endroits désertiques… Je suis en train de faire un sujet sur l’insularité et ses habitants et j’ai principalement photographié en Grèce que j’ai appelé «  Du Sel dans les cils ». Ma mère m’a rendu toutes les photos que j’avais faites en 2003. J’étais petite mais j’avais déjà un appareil qui était un jetable et aussi un précieux petit polaroid qui a été mon premier appareil photo fixe avec ses recharges.

CDM : Tu avais quel âge ?

CNT : J’avais neuf ans. Cette année-là, on avait fait un voyage incroyable en bateau stop dans les îles des Sporades dans le nord de la Grèce. Les pécheurs nous déposaient sur des plages, on était une quinzaine et j’ai toutes les photos de ce moment-là mais je n’avais pas conscience de «faire» de la photo. Aujourd’hui j’ai conscience de ces souvenirs car ces photographies papiers m’accompagnent partout avec moi et sont les rares images accrochées aux murs de l’endroit où j’habite.

CDM : Donc là, il y a déjà le médium de la photographie qui te relie à ces endroits et à cette époque ?

CNT : Oui même si je n’ai pas le souvenir d’avoir mis une intention derrière ces images…

CDM : Tu dessines, tu écris aussi, quelle place à la photographie dans ton travail ? Et quel est son déclencheur ?

CNT : J’ai commencé à « faire » de la photographie à mes quinze ans, j’étais dans une filière dessin et quand on m’a donné un appareil photo. J’ai compris que je pouvais aller plus vite pour exprimer des choses qu’en dessin. Et c’est à partir de là que j’ai commencé à m’intéresser aux visages et au portrais et je n’ai plus arrêté de photographier mon entourage, l’intimité de mes relations amoureuses, mes grands-parents, mes amis… Avant de photographier l’adolescence d’autres personnes, j’ai photographié la mienne. Après j’ai fait une école pour apprendre à faire un sujet, une série, un cartel mais dès le départ photographier m’a fait énormément de bien, cela a occupé une grande partie de mon temps. Je partais en stop avec des amis et on allait faire des photos. En rentrant je les éditais, je les publiais sur les réseaux sociaux de l’époque et cela me suffisait.

CDM : Comment en arrives-tu à la tenue de tes carnets ?

CNT : Depuis petite, je découpe et j’archive tout ce que je trouve. Je me faisais des petits livres. L’écrit a commencé avec les journaux intimes vers dix ans. Vers mes treize-quatorze ans j’ai tout mélangé, les écrits, les photos et les textes. J’ai ressorti pas mal de mes carnets de cette époque cet été justement. Je me souviens faire des carnets sur les murs, coller et découper tout ce que je trouve pour l’installer aux murs de mes chambres d’enfants. L’origine de ce besoin d’expression se retrouve dans mes carnets construits, mes recueils d’objets perdus, mes découpages aléatoires. J’avais des fascinations pour des images que j’ai besoin de coller partout.

Valentin Bardawil : Tu as donc véritablement commencé la photographie avec la conscience de photographier à tes quinze ans, en entrant au lycée et en ayant choisi l’option art plastiques?

CNT : La première fois qu’on m’a donné un reflex, c’est ma tante qui m’a tendu son appareil, j’ai regardé à travers l’objectif et j’ai eu l’impression d’avoir du pouvoir dans les mains. À partir de là, j’ai été fascinée par l’objet et j’ai demandé à avoir un reflex avec un objectif. J’avais quatorze-quinze ans. Je me souviens aussi qu’à dix-huit ans, ma grand-mère m’offre une grosse sacoche en cuir et me lègue son Canon AE1 avec trois objectifs et la facture en francs. Elle me demande d’en prendre soin et je découvre alors qu’elle est passionnée de photo et qu’elle va à Arles chaque année. Elle aurait aimé être une femme libre et m’encourage à m’entourer de gens intelligents et de continuer à faire ce que j’aime. C’est en même temps que ce cadeau les meilleurs conseils que j’ai eu de sa part. En 2016 j’ose et fais son portrait dans sa chambre, elle est belle.
En Grèce, je ne me souviens pas d’avoir « fait » ces photos même si je me revois les faire avec mes yeux. Quand j’étais petite, sans appareil photo, je souffrais d’une nostalgie de l’instant. En Grèce malgré le cadre idyllique, j’avais besoin de retenir ce moment et je me concentrais très fort pour garder l’instant. Alors quand on m’a donné un reflex, il y a eu quelque chose qui s’est produit et qui me permettait de garder enfin une trace de ce que je voyais. Faire de la photo sur l’instant me fait beaucoup de bien et aussi pour l’après et heureusement que je les ai faites. Ces périodes d’été que j’ai vécues enfant sont associées à des moments de grande innocence dans lesquels j’ai encore envie de revenir. C’est aussi pour cela que je parle beaucoup de l’adolescence dans mon travail.

CDM : As-tu des photographes qui t’ont impressionnée ?

CNT : Je me souviens des premières images de Plossu que j’ai découvertes au lycée, de photographies d’amour en noir et blanc sur un toit de maison de campagne qui a été un premier choc de l’image intime, simple, photographiée par un homme. Et puis un jour, les photos de Darcy Padilla en Ecole Supérieure, j’ai vingt ans et je découvre son travail au long cours The Julie project. Dix-huit années de photographie à partir d’une rencontre d’une personne à ces dix-huit ans. Des images si intimes que j’essaie de comprendre où est l’objet même de l’appareil photo entre Darcy et Julie. Presque dix ans plus tard, après un énième trajet à Bruxelles pour mon travail au long cours du Complexe du Homard , j’écris un mail dans le train à Darcy Padilla pour la remercier de sa démarche et de tout ce qu’elle m’a inspiré et elle me réponds…

VB : Comment en tant qu’adulte ton regard a changé?

CNT : Je vois autant de choses belles aujourd’hui qu’hier mais je n’ai plus le temps que j’avais, plus non plus peut-être la disponibilité. En ce moment, c’est dans les mots et la lecture que je vois le plus de beau mais petite c’est comme si j’avais l’autorisation de voir cela.

CDM : Les carnets t’accompagnent encore maintenant. Il y a tes carnets de vie et tes carnets d’artistes, quelle différence fais-tu entre les deux ?

CNT : Aujourd’hui je n’en fais plus seule, ce sont toujours des projets communs. J’essaie de transmettre la puissance du médium. À l’époque de Le Complexe du Homard, je tenais des carnets d’artistes, tout en continuant en parallèle mes carnets de vie à côté, aujourd’hui j’utilise directement mes journaux intimes dans mes sujets photographiques. Je fais la même chose qu’avec Le Complexe du Homard mais avec mes carnets intimes. Par exemple, quelqu’un vient de m’écrire un mot et je l’ai collé dans mon journal et demain je peux très bien le scanner et l’utiliser, même si en général le temps de la photographie et du carnet ne sont pas les mêmes. Je peux utiliser une image tout de suite, pour l’écriture qui est dans un carnet, je peux prendre plusieurs années avant de l’utiliser. L’écriture a besoin de plus de temps. J’ai deux projets qui mélangent écriture et photo en ce moment notamment, ce sont La Chronique du non dit que j’ai exposée au salon Photo Doc et qui est un travail sur le consentement et sur le trauma.

CDM : Tu nous as dit que l’adolescence est une période de transition qui est en lien avec ton sujet
Le Complexe du Homard. Peux-tu nous en parler ?

CNT : Pour revenir à la question sur ma professionnalisation de la photographie qui est arrivée quand j’avais vingt ans et alors que je faisais ma dernière années d’étude à l’école de photographie de Bruxelles, cela a été pour moi une année complexe mais charnière. Je devais rester vivre à Bruxelles, je me suis dit que je devais aller parler à des gens de mon âge ou plus jeunes. J’ai vraiment été fascinée par les visages de ces adolescents que j’ai photographiés. Ils exprimaient la gêne, le doute, la liberté, c’étaient des visages qui n’étaient pas « finis », je questionnais vraiment cette énigme qu’est pour moi l’adolescence. Je suis rentrée très facilement dans ce projet, parce qu’il y avait une réelle complicité avec tous ces adolescents que je photographiais.

CDM : Ces jeunes que tu photographiais avaient une vingtaine d’années, c’est la grand adolescence…

CNT : Oui même si les plus jeunes avaient quinze-seize ans mais je me suis sentie adolescente jusqu’à vingt-trois ou vingt-quatre ans… et je vais avoir vingt-neuf ans la semaine prochaine.

CDM : Tu as pris ton titre
Le Complexe du Homard à Françoise Dolto et je voudrais rappeler que l’adolescence est un concept qui vient des Etats-Unis et qui a été inventé dans les années 50-60. Avant-guerre il n’y avait pas d’adolescence, on passait du statut d’enfant à celui de jeune adulte.

CNT : Oui l’adolescence est peut-être inventée mais les visages qui grandissent ne sont pas inventés. C’est un portrait de l’intime que j’essaie de faire avec ce travail, en étant toujours plus près des peaux et des corps. L’adolescence est une faille dans laquelle les gens me laissent entrer. Je parle le même langage qu’eux à ce moment-là, on a un langage commun qui est vraiment celui de l’intime avec toujours entre nous, ce pouvoir magique de la photo. Les rencontres se font dans ma chambre en co-location à Bruxelles et je me demande encore parfois comment ils ont fait pour accepter autant de choses de ma part.

VB : Accepter quoi par exemple ?

CNT : Il m’arrivait d’aborder des jeunes dans le bus en leur disant de venir chez moi le week-end suivant et je pouvais les photographier torse nu dans mon lit en train de fumer des cigarettes. Aujourd’hui on ne fait plus cela… On boit un thé, on s’échange des livres.

VB : Qu’est-ce que tu cherches de toi dans ces rencontres ? En t’écoutant, on a l’impression que tu as eu une enfance merveilleuse, tu nous laisses imaginer ton adolescence dans la même continuité. Et en même temps dans ton travail photographique, je n’ai pas l’impression que tu cherches à retrouver ce paradis, cet Éden vécu, comme s’il y avait quelque chose de plus sombre en toi que tu cherchais dans la rencontre avec ces jeunes filles. Est-ce que je me trompe ?

CNT : À vingt ans, j’étais une adolescente pleine de vie et fragile en même temps  et je suis allée parler de fragilité avec des gens fragiles. Et c’est vrai que si mon enfance a été une très belle période, vers vingt ou vingt-et-un ans cela a été plus compliqué. Dans mon dernier travail que je fais depuis deux ans Du Sel Dans les Cils, je questionne l’adolescence insulaire. J’ai eu une bourse pour aller photographier des adolescents en Grèce. Mais pour Le Complexe du Homard, c’était ma dernière année d’études photographiques à Bruxelles, je devais faire un projet sur un an. Mon premier travail documentaire au long cours et la première chose qui m’est venue est cette fascination pour les visages de personnes jeunes et me disant qu’elles allaient répondre aux questions que je me posais.

CDM : Tu travailles sur un projet sur le consentement, tu peux nous en dire quelques mots.

CNT : C’est un travail sur une violence qui m’a été faite et pour y voir plus clair j’aimerais bien retourner au Larvoratoire à Douardenez, c’est là que j’ai exposé pour la première fois une partie de ce travail. Je voudrais continuer à écrire et trier les photos parce que cela représente huit années de carnets et d’écrits ainsi que des photos dispersées de moments vécus, de fuites. Il faut que j’imprime et que je scanne des centaines de pages de carnets pour remettre dans l’ordre ce projet. C’est un travail photographique mais c’est aussi une association que j’ai montée à Lyon, là où j’habite maintenant. Ce sont des ateliers d’écriture et de photographie, avec des cercles de paroles. Les personnes qui viennent sont en général des personnes victimes de violences sexistes, sexuelles et de genre. On discute, on écrit autour de ces violences. Mon travail est toujours basé sur la confiance et l’altérité. Pour Le Complexe du Homard, après huit années de travail, je sais que je vais revoir les jeunes que j’ai photographié et qu’elles vont me raconter des choses qu’elles ne m’avaient pas dites à l’époque. J’aime arriver à cette confiance et c’est ce qui me plait dans la photographie.

VB : Justement quel rôle a, d’après toi, l’appareil photo dans les rencontres que tu as avec ces jeunes. Si tu n’avais pas l’appareil, quelle différence y aurait-t-il ?

CNT : La photographie laisse une trace. Je ramène souvent nos carnets pour que les jeunes avec qui je travaille revoient leur visage. Quand j’ai fait mon documentaire filmé qui est plus facile à montrer, beaucoup de spectateurs m’ont dit que cela leur faisait du bien de voir tous ces corps, tous ces témoignages. La photographie permet de partager cet intime. Au Larvoratoire, une personne très âgée de plus de quatre-vingt-dix ans est venue me voir pour me dire qu’elle était très touchée par mon travail parce que cela lui rappelait son adolescence. Ce sont ces témoignages qui me sont importants. On a tous une image qui peut être à la fois très intime et en même temps universelle et c’est ce que j’aime dans l’adolescence et dans la photographie.


« L’adolescence est une faille dans laquelle les gens me laissent entrer. Je parle le même langage qu’eux à ce moment-là, on a un langage commun qui est vraiment celui de l’intime avec toujours entre nous, ce pouvoir magique de la photo. »



Dans l’œil de Frédéric Martin,

Et demain... 



Une myriade de regards de personnes, plutôt jeunes, beaucoup de femmes. Une infinité de destins, de possibles, de demains à définir. Il y a quelque chose de troublant dans cet assemblage d’images. Pourtant, je prends le parti de ne m’attarder que sur les regards féminins.

D’abord parce que ces yeux semblent nous scruter, nous dire : « C’est bientôt mon tour, laisse-moi ma place dans le monde. Je ne ferai de toutes façons pas plus mal que toi. » Et de fait, l’avenir du monde est là. Pas un avenir tout tracé fait de métiers contraignants, d’enfants et de maisons périphériques.  Non, le vrai avenir celui qui construit la société de demain, qui va bouleverser le paradigme actuel. C’est ici que tout se joue, avec ce groupe de jeunes femmes qui symbolisent les jeunes femmes. On a trop laissé un genre de côté, on l’a bousculé, balayé, cantonné à des rôles subalternes (et c’est presque un truisme de l’écrire) et voilà que la conscience de son existence, de sa puissance ressurgit. Enfin !

Ensuite parce que les yeux portent une charge symbolique fondamentale : l‘œil voit, l’œil appréhende. La photographie documentaire actuelle se fait témoin du présent pour connaître l’avenir. Des bouleversements, des soubresauts qui agitent le monde, elle nous livre un panorama le plus complet possible. Or, choisir de mettre en avant cette partie du corps c’est donner pouvoir aux spectateurs la possibilité de contempler passé, présent et avenir. Le futur est là dans ces yeux, et la photographe nous y confronte. Il nous reste deux choix : fermer les yeux, tourner le dos, mais avec le risque que les jeunes générations passent par-dessus ou bien les ouvrir le plus grand possible et faire un pont entre maintenant et demain.

L’avenir est là, il s’écrit dans ce patchwork photographique. L’Histoire est à un tournant.

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