Bruno Klein

Angèle, Cinéma



J’ai croisé le visage d’Angèle une fin d’après-midi de Mai dans la cuisine ouverte d’un restaurant où elle travaillait. De Angèle, je sais juste que son grand-père était photographe et qu’il a publié un livre de photos aujourd’hui introuvable.

Le visage d'Angèle s’est imposé comme l’écho contemporain de celui de l’actrice Renée-Jeanne Falconetti dans le film «La Passion de Jeanne d’Arc» réalisé en 1928 par C.T. Dreyer.

Nous avons travaillé en plan serrés sans maquillage ni psychologie, à rebours des portraits classiques beauté ou éditoriaux. Je voulais des plans film. C'était en pleine canicule.

Quand les larmes d'Angèle sont apparues je n'ai pas cherché à les interrompre. Et c'est peut-être cela la seule gratitude qui vaille, celle qu'un visage en se laissant-voir jusque dans les larmes, accorde. Angèle me l'a accordée ce jour- là, comme Falconetti l'a accordée à la caméra de Dreyer.

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Trois dates qui marquent un parcours

2004 - Je deviens reporter-photographe pour l’Agence de Presse Abaca avant de devenir photographe indépendant spécialisé dans le portrait.

1998 - Je crée l’Agence Limelight, spécialisée dans la couverture des défilés de mode en France et à l'étranger

1988 - J’intègre l’Agence de Presse Stills comme éditeur et rédacteur.